Bruit/Crack articulaire

– « J’ai été chez mon ostéo et quand il m’a manipulé ça a fait « crack » ,

– Moi j’aime pas quand on me fait « craquer »,

– Pourquoi ?

– Ben, j’ai entendu dire que ça abîmait les articulations … »

Dogmes, vérités … qu’est ce que ce bruit articulaire appelé également « crack » ?

L’action des manipulations porte sur les différents éléments du segment de Junghans dont font partie les articulaires postérieures.

Lors de la manipulation, les articulaires postérieures sont écartées de façon véloce. Cet écartement articulaire génère d’une part des microcavités au sein du liquide synovial et d’autres part des flux hydriques très rapides.

Cavitation

Articulation L4-L5. Image de gauche : articulation en position physiologique. Image de droite : écartement des surfaces articulaires lors de la manipulation

Les microcavités contiennent du gaz qui va être dissous avec les flux hydriques. C’est alors que naît le bruit articulaire correspondant à un dégagement d’énergie. Ce phénomène est également connu sous le nom de « cavitation« .

Ce phénomène de cavitation accompagnant la manipulation aura pour effet de diminuer la contracture musculaire et la douleur.

Article complet sur la manipulation et son mode d’action : https://osteo-livry93.fr/2016/06/02/manipulation-quest-ce-que-cest/

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire.

Sources :

A. Indahl, AM. Kaigle, O. Reikeras, SH Holm, (1997) Interaction between the porcine lumbar intervertebral disc, zygapophysial joints, and paraspinal muscles, Spine, 22 : 2834-2840

B. Laurent, P. Nayme, J. Lecocq, P. Vautravers, Les manipulations vertébrales. édition Masson 1994 : 53-58

A. Unsworth, D. Dowson, V. Wright, (1971) Cracking joints, Ann Rheum Dis, 30 : 348.

B. Vicenzino, D. Collins, A. Wright, (1996) The initial effects of a cervical spine manipulative physiotherapy treatment on the pain and dysfunction of lateral epicondylalgia, Pain, 68 : 69-74

Trigger Points

TRIGGER POINTS – POINTS GÂCHETTES

Définition :

Il s’agit d’une zone focalisée d’hyper-irritabilité et d’hyper-tonicité musculaire, sensible à pression et pouvant donner des symptômes locaux voire à distance. Dans le langage public, il désigne souvent le muscle « noué » et douloureux.

Physiopathologie :

La théorie qui permet d’expliquer la genèse de ces points douloureux est : la crise énergétique. Pour faire simple, lors de la phase de décontraction musculaire, le manque d’ ATP (molécule d’énergie) maintient certaines fibres musculaires contractées. Ainsi  se forme le point gâchette.

Trigger Points

Trigger Points

Les facteurs de risque à cette crise énergétique sont nombreux. On peut citer pour exemples, la contraction musculaire excessive ou encore l’étirement prolongé.

Symptomatologie :

Chaque point gâchette engendre des douleurs localement ressenties (=zone primaire de projection) mais également des douleurs ressenties à distance du point (=zone de projection secondaire).  Il existe des cartographies pour chacun des muscles.

Les 4 points gâchettes au sein du chef sternal du SCOM (croix) et les zones de douleurs primaires et secondaires.

Les 4 points gâchettes au sein du chef sternal du SCOM (croix) et les zones de douleurs primaires et secondaires.

L’apparition de douleurs projetées s’explique par la convergence, au niveau de la moelle épinière, des fibres sensitives d’un muscle sain et d’un muscle avec gâchette. Ces 2 informations sensitives atteignent le cerveau par une voie commune. Par conséquent, le cerveau n’a aucun moyen de savoir dans quel muscle la douleur a-t-elle pris naissance.

Explication trigger

Schéma d’explication des douleurs projetées.

 

Et l’ostéopathie dans tout ça ?

Le thérapeute se charge dans un premier temps de conduire un interrogatoire et un examen physique rigoureux lui permettant d’écarter des contractures qui ne seraient pas de type antalgique.

Dans son arsenal thérapeutique, l’ostéopathe possède des techniques révélées efficaces par la recherche scientifique. Elles permettent une diminution de cet enraidissement musculaire.

 

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire.

 

Sources :

J.E.Muscolino, M.Pillu, A.Gouriet, J-L. Estrade, (2010)  Anatomie, physiologie et traitement des points gâchettes, In: Manuel de palpation musculaire et osseuse, Elsevier Masson. Ch 5.

Luke Hamilton, Caitlin Boswell, Gary Fryer (2007) The effects of high-velocity, low-amplitude manipulation and muscle energy technique on suboccipital tendernessInternational Journal of Osteopathic Medicine, 2-3 (10), 42-49.

Fiona Ballantyne, Gary Fryer, Patrick McLaughlin (2003) The effect of muscle energy technique on hamstring extensibility: the mechanism of altered flexibilityJournal of Osteopathic Medicine, 2 (6), 59-63.

Contractures Musculaires

CONTRACTURES MUSCULAIRES

Définition :
  • Contraction involontaire d’un ou plusieurs muscles accompagnée de raideur résistant à l’étirement passif, durant quelques minutes (=contracture intermittente) voire plusieurs heures (=contracture permanente)
Physiopathologie :

Il existe 3 types physiopathologiques de contractures : les contractures antalgiques, les contractures algiques et les contractures analgiques.

Nous développerons ci-dessous la physiopathologie des contractures antalgiques puisqu’elles peuvent être levées par des techniques thérapeutiques manuelles de type manipulations ou encore mobilisations.

  • Modèle de contracture compensatrice
  • Fait suite à une lésion articulaire
  • Secondaire à la douleur
  • Activée par un réflexe nociceptif à départ tendineux ou aponévrotique
  • Génère une posture antalgique

« [La déviation posturale] est la conséquence d’une forte contracture musculaire, qui n’est rien d’autre qu’un stratagème du corps pour tenter d’éviter la souffrance, et dont témoigne l’espèce de corde que font les muscles de la colonne saillant sous la peau« , Dr Robert MAIGNE, J’ai mal au dos.

 

 Et l’ostéopathie dans tout ça ?

Encore une fois, les techniques utilisées par l’ostéopathe ont une visée myorelaxante. Par conséquent, après avoir conduit un examen clinique rigoureux, l’ostéopathe pourra alors élaborer une stratégie de traitement propre au patient.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire.

 

Sources :

G.Serratrice (2011) Contractures musculaires, Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation, 28-088-A-10.

JY Maigne, F Guillon (1993) Effet des manipulations sur le segment mobile lombaire. Réflexions sur leur mode d’action, Rev Méd  Ortho, 34 : 7-9